Formation – Le fondement d’un travail professionnel

La formation initiale et continue constitue la base d’un travail professionnel et de qualité dans les institutions. Dans le système éducatif suisse, et plus spécifiquement dans notre branche, divers partenaires veillent à ce que des offres efficaces et ciblées de formations initiales et continues soient proposées. Les organisations du monde du travail définissent les contenus des formations professionnelles de base (apprentissage), les plans d’études cadres des écoles supérieures ainsi que les examens professionnels fédéraux et les examens professionnels fédéraux supérieurs. On peut notamment citer à ce titre l’Organisation faîtière nationale du monde du travail en santé (OdASanté) et l’Organisation faîtière suisse du monde du travail du domaine social (Savoirsocial). Le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation SEFRI édicte et reconnaît les diplômes et certificats. Il appartient aux entreprises de mettre en œuvre les formations initiales et continues en coopération avec des écoles publiques et privées comme prestataires de formation. Vous trouverez dans cette rubrique des renseignements sur la formation initiale et continue en entreprise, les diplômes et certificats, et sur le fonctionnement du système éducatif.

Formation professionnelle supérieure

Examens professionnels et examens professionnels supérieurs

Les examens professionnels et les examens professionnels supérieurs sont des titres de formation orientés vers la pratique. Ils ne cessent de gagner en importance. Pour les domaines des soins et de l’accompagnement, il existe déjà six examens professionnels et cinq examens professionnels supérieurs. D’autres sont en préparation. Il est donc grand temps de se pencher sur cette possibilité judicieuse de perfectionnement.
Les examens professionnels et professionnels supérieurs sont des titres du degré tertiaire. Ils sont traditionnellement organisés par les associations professionnelles. Ces associations sont responsables de la stratégie et du financement. Les conditions d’admission ainsi que les compétences pour l’obtention du titre sont fixées dans un règlement. Une commission d’examen et un secrétariat d’examen assurent l’organisation et la réalisation pratique des examens.
Les examens professionnels conviennent tout particulièrement aux titulaires d’une formation professionnelle initiale et qui souhaitent acquérir des connaissances et un savoir-faire supplémentaire sans passer par une école supérieure. Les examens professionnels donnent droit à un brevet fédéral.
Les examens professionnels supérieurs requièrent généralement un titre du degré tertiaire (examen professionnel ou ES) et plusieurs années d’expérience professionnelle. Les examens professionnels supérieurs donnent droit à un diplôme fédéral.

Informations spécialisées et instruments de travail

Liens

Vue d'ensemble des examens professionnels et des examens professionnels supérieurs dans le domaine des soins et de l'accompagnement

Aide-mémoire formation professionelle

Contributions pour cours préparatoires aux examens fédéraux

Examens professionnels et examens professionnels supérieurs

Accompagnant/e socioprofessionnel/le (diplôme fédéral)

Assistant/-e spécialisé/-e en soins de longue durée et accompagnement (brevet fédéral)

Expert/e en prévention des infections associées aux soins (diplôme fédéral)

Masseur/se médical/e (brevet fédéral)

Spécialiste de la migration (brevet fédéral)

Spécialiste en accompagnement de personnes en situation de handicap (brevet fédéral)

Accompagnateur/trice social/e (brevet fédéral)

Technicien/ne ambulancier/ère (brevet fédéral)

Responsable d'équipe dans des institutions sociales et médico-sociales (brevet fédéral)

Directeur/trice d'institution sociale et médico-sociale (diplôme fédéral)

Différentes formations e leurs orientations dans les soins de longue durée

Progresser et se spécialiser

Carrière en leadership et conseil

Carrière dans l'enseignement et la formation

Collaboration avec les OrTras

Les «OrTras» – partenaires de la formation professionnelle

La formation professionnelle, des aides en soins et accompagnement aux directeurs diplômés de homes et d’institutions, relève de la Confédération, des cantons et des organisations du monde du travail (en abrégé: OrTras). Les trois partenaires s’engagent en faveur d’une formation professionnelle de haute qualité. Les organisations faîtières nationales du monde du travail OrTras élaborent de nouvelles offres de formation, définissent le contenu de celles-ci et les procédures de qualification au niveau national. Elles sont les interlocutrices des autorités nationales compétentes en matière de formation professionnelle : le Secrétariat d’Etat à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI), la Conférence suisse des directeurs cantonaux de l’instruction publique CDIP ainsi que la Conférence suisse des offices de formation professionnelle (CSFP). Les OrTras publient en outre des informations sur les métiers et les professions. Elles s’engagent aussi à favoriser la reconnaissance et la valorisation des métiers dans leur domaine de compétence, et à faire en sorte qu’ils obtiennent la considération qu’ils méritent.

Les OrTras cantonales et régionales sont chargées de la mise en œuvre des prescriptions nationales. Elles collaborent avec les autorités cantonales de formation professionnelle, les écoles professionnelles et spécialisées, et les associations de branche. Les OrTras cantonales et régionales participent à l’organisation des formations sur place. Elles informent sur les métiers et en font la promotion dans les cantons. Les entreprises, quant à elles, proposent des places de formation et fournissent une qualification professionnelle aux apprenants.

Grâce à la création d’ARTISET, les intérêts des institutions sont représentés dans les organisations faîtières du monde du travail et les organes responsables des examens fédéraux.. La fédération participe à l’action d’OdASanté (professions de la santé), de SAVOIRSOCIAL (métiers du social) et d’OrTra intendance (formations professionnelles de base en intendance). Avec ses associations de branche CURAVIVA, INSOS et YOUVITA, ARTISET fait valoir des positions et des revendications élaborées.

Sur mandat des associations de branche et avec le soutien des commissions de formation, le ressort Développement professionnel et personnel représente les intérêts de la branche au sein des associations et comités respectifs.

Informations spécialisées et instruments de travail

Liens

OdASanté (professions dans le domaine de la santé)

Savoirsocial (professions dans le domaine social)

OrTra Intendance Suisse

Dans la jungle des compétences

L'intégration des professions soignantes au système de formation fédéral, les nouveaux titres professionnels et le positionnement des titres selon l'ancien droit suscitent toujours de nombreuses questions.

La plupart des questions adressées à ARTISET concernent les actes médico-techniques au niveau secondaire II. Suivent des questions portant sur la comparaison entre les différents titres et la validité des compétences des anciens titres tels que infirmière assistante CC CRS ou auxiliaire de soins CRS.

Classification des différentes professions

Systématique de la formation dans le secteur social et de la santé

Qui a le droit de porter quel titre - infirmière/infirmier

Qui a le droit de porter quel titre - certificats

Profils de qualification et compétences d‘action

Auxiliaires de santé CRS

ASA - Aide en soins et accompagnement:

Plan de formation

Profil de qualification

ASE Assistant/e socio-éducatif/ve:

Plan de formation

Profil de qualification

ASSC Assistant/e en soins et santé communautaire:

Plan de formation/Profil de qualification

Assistant/e spécialisé/e en soins de longue durée et accompagnement

Profil de qualification

Infirmièr/e diplômé/e ES

Plan d'études cadre infirmière diplômée ES

Tableaux pour la répartition des tâches et les actes médico-techniques

Soins et accompagnement - actes médico-techniques

Liens

Carrière infirmiers-assistants CC CRS– et maitenant?

OdA Santé - Professions de la santé

Savoir Social

Formation interprofessionnelle

Contributions concernant des dispositifs d’apprentissage pour la formation interprofessionnelle

La collaboration avec d’autres groupes professionnels est abordée dans presque tous les plans de formation du domaine de la santé, du social et de l’intendance. Mais comment développer des approches de formation interprofessionnelle pour les établissements? La nouvelle brochure d’ARTISET, de CURAVIVA et d’INSOS ouvre des pistes.

Extension des compétences

Qui a le droit de faire quoi dans le domaine des soins? Attention: zone grise juridique

Traiter des plaies simples, administrer des médicaments ou effectuer des injections sous-cutanées : certaines institutions délèguent des actes médico-techniques délégués à des collaborateurs/trices qui n’ont par la qualification formelle correspondante. Il s’agit en règle générale de collaborateurs/trices ayant fait leurs preuves et dont les compétences sont étendues sur une base de confiance. Du fait qu’ils n’ont pas appris ces actes dans le cadre d’une formation réglementée, ils sont nombreux à suivre préalablement des cours spécialisés. Dans ce cadre, les connaissances et les aptitudes dans les techniques de soins correspondantes leur sont transmises de manière ciblée. D’autres collaborateurs/trices reçoivent une formation interne à l’institution avant d’effectuer ces tâches élargies. Dans le cadre de l’extension des compétences, l’institution entre toutefois dans une zone grise juridique – la prudence est de mise.

Position d'ARTISET

La position d'ARTISET est la suivante : les collaborateurs/trices doivent être engagés et employés dans le cadre des compétences qu’ils ont acquises à travers des formations réglementées. Sur ce plan, la situation juridique est claire.

La délégation et l’exécution d’actes relevant de techniques médicales et qui n’ont pas été appris à travers une formation réglementée sont illégales. Les institutions qui se basent seulement sur des cours de perfectionnement entrent dans une zone grise juridique, même si le perfectionnement a été suivi dans le cadre d’un cours spécialisé donné par un prestataire de formation. Y compris si l’extension des compétences est dotée de mesures d’accompagnement.

Les directions des institutions sont responsables de la délégation des compétences. Si la loi n’est pas respectée, la direction ou l’organe responsable de l’institution porte la responsabilité des conséquences.

Mesures et offres

C’est un état de fait que les entreprises – en conformité juridique ou dans la zone grise – étendent les compétences de leurs collaborateurs/trices. Vous trouverez ici des instruments et des informations, y compris des renvois à des cours de rattrapage pour adultes.

Informations spécialisées et instruments de travail

Liens

Validations des aquis

Informations sur le déroulement de diverses procédures de validation

Responsable de formation en EMS

Le département de la formation professionnelle et la commission romande de formation et RH d'ARTISET ont construit un dossier comprenant des informations sur la mission de formation, les compétences requises pour assumer un poste de responsable de formation, les voies de formation possibles. Il intègre un exemple de modèle d'organisation et deux descriptifs de fonction appliquésen Romandie. Les conditions requises pour être formateur/trice en entreprise ou praticien/enne formateur/trice sont définies dans les plants d'étude cadres ou les règlements fédéraux des métiers concernés.

Pour tous les EMS, la mission de formation est une tâche en croissance, que ce soit pour développer les compétences de leur personnel, pour augmenter sa qualification ou pour accueillir des apprentis/ies et des étudiants/tes dans leur parcours de formation professionnelle. Ils participent ainsi de manière conséquente à assurer le renouvellement des emplois, à favoriser la fidélisation de leurs employés et à rendre leur institution plus attrayante en proposant des postes de travail qualifiés et des possibilités de carrière dans tous les secteurs.

Les EMS, dans leur extrême diversité, choisissent d’assumer cette mission et les tâches qu’elle comporte en l’intégrant dans des fonctions existantes ou en créant un profil de poste spécifique. Ces tâches nécessitent des compétences spécialisées, en particulier dans la gestion des besoins, la coordination des activités et la mutualisation des ressources. Elles comprennent aussi un travail en réseau avec des partenaires externes, tels que, par exemple, les prestataires de formation, les services d’orientation, les offices cantonaux et les organisations du monde du travail (OrTras). Et au final elles s’appuient sur une vision globale des besoins de l’institution en matière de personnel dans une perspective à moyen et long terme.

Informations spécialisées et instruments de travail

Liens

Formation des formateurs

Recommandations pour le développement ultérieur de la formation professionnelle

Pour répondre aux évolutions et aux défis dans les soins de longue durée, les visions de de prise en charge, les orientations stratégiques et les domaines d’activité existants des fournisseurs de prestations d’encadrement, d’accompagnement et de soins se diversifient. Ces réorientations mènent entre autres des offres globales de prestations d’habitat, d’encadrement et de soins, avec une extension dans le domaine de l’habitat et de l’espace de vie des personnes âgées. Cela représente un changement de cap vers une orientation sur l’espace social.

Pour réaliser l’orientation sur l’espace social, il est essentiel d’établir un lien avec la formation professionnelle, afin de pouvoir répondre aux nouvelles exigences en matière de qualification. Le projet BESRO étudie les moyens d’améliorer ce lien.

Concepts de formation innovants

La série «UpGrade: renouveler et améliorer ce qui existe» présentera des modèles, concepts et projets innovants relatifs au développement professionnel et personnel. Elle crée l’impulsion nécessaire pour regarder une situation personnelle difficile d’un œil neuf. 

Centre de formation de la Generationenhaus Neubad (Bâle)

Il y a presque dix ans, deux raisons majeures ont conduit à modifier le système de formation pour les professions de la santé au sein de la Generationenhaus Neubad (Bâle): faire face à la pénurie de personnel qualifié et rendre la formation professionnelle plus efficace. Depuis lors, les quelque 25 apprenti·es du domaine des personnes âgées ne sont plus répartis au sein de six sections différentes mais réalisent ensemble le mandat de soins et d’accompagnement attribué au service de formation ainsi créé, à la manière du «Juniors Market» de Migros ou d’une Junior Station des CFF. La Generationenhaus Neubad endosse ainsi un rôle de précurseur. Quelques institutions ont toutefois la même approche. Dans le domaine des soins de longue durée, ce système est cependant une innovation en Suisse.

Les stagiaires, les aides en soins et accompagnement AFP, les assistant·es socio-éducatifs·ves (ASE), les assistant·es en soins et santé communautaire (ASSC) et les étudiant·es des ES sont tous formés au sein du centre de formation de la Generationenhaus. Une équipe composée de cinq formateur·trices accompagne les apprenant·es et est garante de la qualité du travail. L’objectif est de responsabiliser les personnes en formation pour qu’elles organisent et accomplissent leurs tâches de la manière la plus autonome possible, et que les plus expérimentées forment les nouvelles. En plus de leur travail au sein du centre de formation, elles découvrent toutes l’une des cinq autres sections de manière «normale» pendant trois à six mois, selon un principe de rotation.

Andreas Rytz, infirmier, est responsable de la formation professionnelle des ES au sein de l’équipe de formateur·trices et rédige actuellement son travail de master à la Haute école fédérale en formation professionnelle (HEFP), le service de formation en étant le sujet. Il travaille depuis neuf ans au sein de la Generationenhaus et trouve de nombreux avantages à cette approche de formation innovante: «Les apprenti·es sont responsabilisé·es dès le début et apprennent à penser en réseau. En outre, l’apprentissage par les pairs augmente les compétences sociales et personnelles.» Ainsi, le niveau de formation spécialisée atteint est élevé, ce qu’Andreas Rytz constate également en sa qualité d’expert aux examens. De plus, la Generationenhaus compte peu de ruptures d’apprentissage (5%). Le climat d’enseignement et d’apprentissage au sein de ce service de formation semble convenir aux apprenant·es, qui l’encouragent même fortement.

L’institution est elle aussi gagnante. Une responsabilité journalière est par exemple confiée aux apprenti·es assistant·es en soins et santé communautaire dès la deuxième année de formation. Selon le plan d’étude, cette tâche est accomplie de manière autonome lors de la troisième année. «Une fois la formation terminée, les diplômé·es sont qualifié·es pour exécuter toutes les tâches et peuvent commencer à travailler tout de suite», poursuit Andreas Rytz. Leur formation au sein de la Generationenhaus les motive manifestement à rester dans l’équipe. À l’été 2022, cinq spécialistes du domaine de la santé, une infirmière ES et une assistante en soins et accompagnement ont été embauchés en interne. «C’est ainsi que nous pallions le manque de personnel», indique Andreas Rytz. «De plus, nous profitons du fait que les collaborateur·trices aient été formé·es selon la culture de la maison et comprennent notre philosophie.»

Un centre de formation peut-il également être rentable? «Oui, car je peux travailler plus efficacement», assure Andreas Rytz. Plus simplement: plus il y a d’apprenti·es dans le service, moins nous avons besoin de formateur·trices, car cette ressource est également rare! La proximité joue également un rôle majeur, selon le formateur. Il travaille avec les apprenti·es du même centre et comprend beaucoup de choses. L’accompagnement est approfondi et les apprenti·es en profitent davantage. 

La Generationenhaus a néanmoins rencontré des difficultés lors de la mise en œuvre de son approche de formation innovante: la question du maintien de l’efficacité de travail dans une grande équipe composée de jeunes apprenti·es, par exemple, ou bien le fait que l’équipe soit entièrement réorganisée chaque mois d’août. L’absentéisme a également un impact: un ou deux jours par semaine, les CIE et les autres absences entravent la continuité de la prise en charge. En outre, recruter desétudiant·es ES reste difficile pour la Generationenhaus. Toutefois, du point de vue d’Andreas Rytz, les avantages de ce modèle l’emportent: «Nous sommes convaincus par notre stratégie d’avenir, qui consiste à offrir une formation initiale et continue à notre propre personnel qualifié».

À propos de la Generationenhaus (en allemand)


Si vous souhaitez en apprendre davantage sur l’approche innovante de la Generationenhaus Neubad de Bâle, vous pouvez vous adresser à Patrik Honegger, responsable de la formation professionnelle, p.honegger@ghneubad.ch.